L’absence de dialogue

De l’absence de dialogue naît l’incompréhension. De l’incompréhension naissent le doute et la méfiance. On hait toujours un peu ce que l’on craint beaucoup. La haine est faite pour enfler jusqu’à la démence. On va à des situations comme : « Je te tue parce que tu ne m’as pas dit bonjour ce matin. » … L’absurdité d’une violence intérieure qui pourrait être positive : « Je te hais parce que je te crains. Je t’affronte pour vaincre ma peur. » Et en face : « Qui ose m’affronter mérite le respect. Car je vis dans la solitude du fait qu’avant même de m’approcher, les gens redoutent. Quoi ? Pourquoi ? Ma gueule, peut-être ? » …

C’est ainsi qu’aujourd’hui, j’éprouve, non de la colère vraiment, mais une « certaine indignation. J’ai passé l’été sans nouvelles de ma dernière fille. Je trouve que ce n’est pas normal. Alors, plutôt que de ruminer dans mon coin, je lui ai écrit ce matin. Peut-être ai-je eu tort. Mais on ne me reprochera pas de ne pas dire ce que je pense. De mon côté, j’ai envoyé une carte du pays où je m’installe, j’espère définitivement. J’ai fait un email, et encore une autre correspondance. En l’occurrence, je me demande si je n’aurais pas dû faire des copies …

Car je me méfie de sa mère, que j’ai appris à connaître sous un jour de faux-cul que je ne connaissais pas avant notre séparation. Toujours est-il que j’espère qu’ainsi, il n’y aura pas de malentendu. Si ma fille a pris parti à un moment, en se laissant convaincre de ma malfaisance, qu’elle en assume la responsabilité : à treize ans, elle est déjà très mature, et devrait comprendre mon point de vue. Il faut qu’elle accepte que je dise que je ne suis pas content.

Je l’aime, pourtant. Mais que fait-elle pour ça ? Rien, en vérité. Car son insouciance à mon égard est programmée, entre la haine de sa mère à mon égard, et l’indifférence du compagnon de celle-ci par rapport aux problèmes liés à la famille. Il se fout de ses racines franc-comtoises, d’avoir des parents qu’il ne voit jamais, et des enfants qu’il a eus et dont il se moque : ils sont grands …

N’empêche : En ne me répondant pas, ma fille me témoigne, je pense, un manque de respect certain. Même si elle est téléguidée, cela reste du manque de respect. Et je ne suis pas programmé pour tolérer cela. Alors je le lui écris : j’aviserai au vu du résultat de cette démarche. Car j’ai choisi des termes mesurés, dans une lettre manuscrite. Je pense en effet que c’est une forme de respect que d’écrire de sa main, plutôt que sur l’ordinateur. Ayant manifesté du respect, je suis en droit d’en attendre, pas vrai ? J’ai cinquante et un ans de plus que cette gamine, je suis son Père, et je pense qu’à ce titre, je me manifeste souvent, sans retour.

Alors j’en ai assez. Assez d’attendre, assez d’entretenir l’angoisse d’un accident toujours possible. J’en ai eu l’expérience avec les aînés : je ne veux pas reproduire des schémas destructeurs pour moi. Alors tant pis : je ne suis pas content parce que je n’ai pas de réponse, parce que ça ne communique pas en face, et que du manque de communication … etc.

Ce sont les propos d’un vieux con, ici. J’assume. Mais souviens-toi, ami : écris, téléphone REGULIEREMENT à tes parents, à tes enfants. Il n’y a rien à regretter à dire ce qu’on pense, au jour le jour : ça permet de changer d’avis en fonction des évènements, d’évoluer avec la situation sans heurter l’entourage. Car si on attend trop pour se manifester, celui-ci s’étonne d’une réaction soudaine, inattendue, puisque encore jamais venue. Il n’est pas bon de surprendre son entourage par des réactions inattendues.

Publié dans : ||le 28 mai, 2006 |Pas de Commentaires »

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