J’AI APPRIS DES CHOSES …

J’ai appris des choses.
Je dois reconnaître, mon incommensurable orgueil dut-il en souffrir, que je n’ai rien compris à ma propre vie, pas plus qu’à la vie en général. J’ai eu quatre enfants, mais je ne sais pas ce que c’est qu’un enfant, ni un adolescent, ni rien.

Parce que je n’ai sûrement jamais été un enfant, ni un adolescent, ni un père, ni un grand-père. Tout juste ai-je été, occasionnellement un vague géniteur dont l’existence même est contestable, puisque contestée (n’est-ce pas une preuve de la contestabilité de ma propre existence ? )
Bref. J’ai accompli une carrière d’enseignant au cours de laquelle je revendique quelques (!) réussites. Mais je n’ai rien appris dans les livres pour obtenir mes diplômes, et il semble que ma quadruple paternité n’ait pas laissé de traces dans mes comportements.

C’est ce qui ressort, bien sûr de manière caricaturale, de la leçon que m’a gracieusement offert ma fille aînée, en prenant fort peu à propos le parti de sa sœur cadette.

Je n’aime pas qu’on se foute de moi, et c’est bien la preuve que je suis un vrai vieux con. Pis : je dis mon indignation quand on agit mal (que je dis !) à mon égard, ou lorsque je juge qu’il y a des limites aux insolences.

Il semble, si j’ai bien écouté, que le rôle d’un père n’est pas de mettre un semblant d’ordre autour de lui, mais de « comprendre ».
Je comprends que comprendre signifie dans la bouche de mes filles « accepter », en fermant ma gueule, surtout.
Je comprends que mon rôle n’aurait pas été de prévenir des dérives sérieuses, mais de payer les pots cassés à l’occasion d’expériences conduites en toute liberté par l’ado en question. Peu importe d’ailleurs que j’en aie les moyens ou pas : la question de mes facultés à réparer n’est pas d’ordre financier. Il ne faut en effet pas mélanger l’affectif et le fond (visible par moi seul) de mon porte-monnaie …

En fait, je ne vis pas dans le même monde que ma fille aînée en tous cas (la cadette est bien revenue de ce genre de discours abrupt). En fait, il y a erreur dans le langage : comprendre n’a jamais voulu dire « pardonner sans condition ».

Pas chez moi.

Le pardon, ça se mérite. A défaut, on n’y gagne que l’indifférence souveraine, et bien plus tard l’oubli …

Publié dans : ||le 2 juin, 2006 |Pas de Commentaires »

Laisser un commentaire

confidences à l'inconnu |
salem |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | delireeeeeeeeee
| Ma vie, mon oeuvre
| TEM LAADO