LA MEMOIRE …

La mémoire, c’est comme les pull-overs : ça prend les mites, ça se déforme, ça se détricote et se retricote à volonté, ça déteint et ça se reteint, aux couleurs du temps qui passe …

J’ai connu des gens comme ça, qui ont une imagination redoutable, et qui vous feraient passer allègrement pour fou, au nom de leur mémoire qu’ils s’acharnent à affirmer infaillible. Leur « vérité » les met toujours en valeur, et ils ont toujours raison, avant, pendant et surtout … après !

Ce sont eux qui vous affirment, quand vous vous êtes fourvoyé, « qu’ils vous l’avaient bien dit … », mais qui ne vous avaient rien dit, jamais. Ou encore qui, face à une flagrante négligence, vous annoncent, le verbe haut « qu’ils allaient justement s’en occuper ! ». Comme par hasard, justement comme vous en parlez :
- Oh ! Quelle surprise : j’allais justement t’appeler ! Comme ça me fait plaisir que tu m’appelles … »
Forcément : la communication sera sur votre compte, alors qu’elle attend depuis un mois, et qu’on n’avait pas spécialement envie de vous avoir au téléphone.

C’est la façon de ne pas avoir à rougir d’aucun de ses actes, que d’arranger tout ça de telle manière qu’on ne peut pas avoir eu tort ou avoir à rougir de ses actes passés. Les évènements sont les mêmes, les ingrédients sont tous là, et ce ne sont que de minuscules variantes, « insignifiantes », qui font monter une sauce toute belle, irréprochable, juste épicée au goût du jour.

Ce genre de manière est absolument rédhibitoire désormais à mes yeux. J’en ai été victime, et, pire, cela m’a conduit à perdre le respect que j’éprouvais pour les personnes intéressées. Il n’y a rien de pire que de perdre le respect que l’on avait pour quelqu’un : moi, quand ça m’est arrivé, j’ai eu le sentiment de perdre une perdre une partie de moi-même, de me déjuger.

Tu sais, j’écris les Propos pour mettre ma mémoire en ordre. Je n’ai pas vécu comme un apôtre ou un saint. J’ai fait le mieux que j’ai pu. Je reconnais que je n’ai pas toujours été clair dans mes comportements, et que de grosses colères m’ont aveuglé. Mais j’ai assumé ces colères. Sauf une fois. C’était une belle colère bien légitime, puisqu’un de mes élèves m’avait insulté. Je lui ai mis la tête au milieu du front : un beau coup de boule. J’ai été mis en cause par le père : le gosse avait une rougeur à l’endroit de l’impact. Il était certain que si j’étais convaincu de violence, j’aurais des ennuis. Alors, j’ai menti. J’ai évité le conseil de discipline. Mais je reste seul face à ma conscience, et je ne suis p as fier : j’étais déjà un vieux con, avec quelques principes. Tant pis pour moi. Mais puisses-tu t’éviter des trucs comme ça.

Publié dans : pages |le 26 mai, 2006 |Pas de Commentaires »

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